1914 - 1950
Une femme cultivatrice…
Le dimanche 31 mars 1929, Paul Dordoigne décède à son domicile du Bois Joly. Jeune, âgé de 46 ans, il succombe à la maladie après plusieurs semaines d’atroces souffrances. Berthe est veuve à 42 ans, ses enfants n’ont que 18 ans, 15 ans, 11 ans et 8 ans… Les obsèques sont organisées le mercredi suivant à l’église de Margon, le monument et le cimetière peinent à rassembler tout le monde…
Berthe Dordoigne reprend l’entreprise de son mari, comme l’a fait sa belle-mère Paulette Dordoigne (née Lebœuf) 25 ans auparavant. Germaine se marie en 1932 avec un agriculteur de Margon et l’accompagne sur sa ferme. Paulette et Simone demeurent sur l’exploitation et deviennent « aides de culture », elles se marient quelques années plus tard. Le personnel reste nombreux, il y a plusieurs domestiques pour l’ensemble des activités. Après le bûcheronnage, on parle même d’un atelier de fendeurs de latte. Il n’y a par contre jamais plus d’un salarié à être recensé au « Bois Joly ». Les autres habitent à « Chêneguié » et « la Bidonnerie » qui font partie de la ferme ou dans d’autres lieux-dits voisins comme « la Genêtière » par exemple. Les animaux sont toujours nombreux, tant pour ce qui concerne le bétail que les chevaux, la volaille, les lapins. Le chien s’appelle Pyrame, le cheval qui conduit les carrioles s’appelle Champagne…
Dans cette période d’Entre-deux-Guerres et de crise économique des années 1930, la ferme continue à se développer. Comme dans toute la France, l’électrification des campagnes est un progrès considérable. L’ensemble de la commune de Margon est ainsi relié au réseau électrique en 1934. Cette avancée technique remplace la centrale de production électrique installée quelques années auparavant par Paul Dordoigne. Un tableau électrique et des dizaines de batteries à électrolyse ont longtemps été en place sous le porche de la « tour ». Cette même année, Berthe commande à une entreprise chartraine une pompe électrique pour le puits. Une citerne en béton est édifiée à plusieurs mètres de hauteur pour distribuer l’eau à l’extérieur et dans plusieurs pièces du manoir. Il existe l’eau courante au « Bois Joly », trente ans avant la construction du château d’eau. Depuis déjà plusieurs années, les voisins des hameaux environnant viennent dans le bureau de l’entrée pour téléphoner… Pour eux qui se chauffent au coin de la cheminée, la chaleur de la chaudière (installée en 1919) est une nouveauté…
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